Préparer sa succession

Testament et expression de vos volontés : protéger ce qui compte vraiment

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On remet souvent à plus tard ce qu'on ne sait pas comment aborder. Le testament en est l'exemple parfait. Et pourtant, ne pas formaliser ses volontés, c'est laisser les décisions les plus intimes à d'autres : aux tribunaux, aux médecins, et parfois aux proches en désaccord.

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Une main rédige un testament olographe à la plume

Pourquoi formaliser ses volontés ?

Sans testament, la succession est réglée selon les règles légales de dévolution successorale. En la matière, ce sont les liens de parenté qui décident : le conjoint survivant, les enfants, puis les collatéraux, dans un ordre fixé par le Code civil.

Cet ordre convient à beaucoup de familles. Toutefois, il devient un obstacle dès que vous voulez avantager l'un de vos enfants, protéger un proche que la loi ne reconnaît pas comme héritier, ou attribuer un bien déterminé à une personne déterminée. En effet, rien de tout cela ne se fait sans testament.

Les directives anticipées

Souvent confondues avec le testament, les directives anticipées sont un document distinct qui n'a rien à voir avec la transmission de patrimoine. Elles concernent vos souhaits médicaux en cas d'incapacité à vous exprimer : souhaitez-vous être maintenu en vie par des moyens artificiels ? Refuser certains traitements ? Être sédaté en cas de douleurs insupportables ? Ce sont ces questions que les directives anticipées permettent de trancher de votre vivant pour épargner à vos proches des décisions impossibles au pire moment.

Ce que couvrent les directives anticipées

Une directive anticipée est une déclaration écrite qui énonce par avance la volonté de son auteur en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l'arrêt ou du refus de traitements ou d'actes médicaux. Depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, elles sont devenues contraignantes pour le médecin, sauf cas exceptionnel, et n'ont plus de condition de durée. Elles prévalent sur l'avis de la personne de confiance ou d'un proche. Elles ne sont pas un testament, ni un document pour anticiper l'organisation de ses obsèques. Elles se limitent aux traitements dont une personne peut bénéficier en fin de vie.

Comment les rédiger et les conserver

Les directives anticipées se rédigent sur papier libre ou sur le formulaire officiel disponible sur Service-Public.fr. Elles doivent être datées et signées. Vous pouvez les confier à votre médecin traitant, les déposer dans votre dossier médical partagé, ou les conserver dans votre coffre Clésame pour qu'elles soient transmises automatiquement lorsque la situation l'impose. Elles sont révocables à tout moment, sans formalité particulière.

Un stylo plume posé sur un document manuscrit

Quatre volontés à formaliser et à transmettre.

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Le testament : olographe ou authentique

Le testament est l'acte par lequel vous organisez la transmission de votre patrimoine après votre décès. Il peut contenir des legs, la désignation d'un exécuteur testamentaire, des dispositions sur vos funérailles, et même des volontés extrapatrimoniales. Deux formes principales coexistent en France.

Le testament olographe : simple mais exigeant

Le testament olographe n'exige pas de notaire. Pour être valide, trois conditions doivent être réunies : être entièrement manuscrit, être daté, et être signé.

La première ne souffre aucune exception. Un testament dactylographié est nul, même signé et daté de la main du testateur, et il en va de même s'il a été écrit par un tiers, en tout ou partie.

La date quant à elle est appréciée avec plus de souplesse. La Cour de cassation admet en effet qu'un testament non daté échappe à la nullité lorsque des éléments contenus dans l'acte lui-même, éventuellement corroborés par des éléments extérieurs, permettent d'établir la période de rédaction. Cependant, si rien ne permet de le situer dans le temps, la nullité est prononcée.

L'avantage du testament olographe est la liberté totale : il peut être rédigé à tout moment et sans frais.

Mais cette liberté a une contrepartie : personne ne vérifie ce que vous écrivez et personne ne garde le document à votre place. Un testament olographe peut ainsi disparaître dans un déménagement, être contesté sur sa forme, ou se prêter à plusieurs lectures si les termes manquent de précision. Le déposer chez un notaire, qui l'inscrit au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés, écarte le premier de ces risques et permet qu'il soit retrouvé au moment du décès.

Le testament authentique : la voie sécurisée

Rédigé par un notaire sous votre dictée, en présence de deux témoins ou d'un second notaire, le testament authentique est la formule la plus sûre juridiquement. Il est automatiquement enregistré au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés et conservé à l'étude notariale.

Son coût relève d'un émolument fixe, réglementé et identique dans toutes les études de France, auquel s'ajoutent les frais d'inscription au fichier central et la TVA. Le notaire remet un devis avant signature.

En contrepartie, le risque de contestation est faible : attaquer l'acte lui-même suppose une procédure d'inscription de faux, bien plus exigeante qu'une action en nullité ordinaire.

Réserve héréditaire et quotité disponible

Le testament ne permet pas de distribuer l'intégralité de son patrimoine à sa guise. La loi protège une fraction de la succession au profit des héritiers réservataires, en premier lieu les enfants : c'est la réserve héréditaire. Le reste, appelé quotité disponible, peut être attribué à qui vous voulez.

  • Avec un enfant : réserve égale à 1/2 de la succession, quotité disponible égale à 1/2.
  • Avec deux enfants : réserve égale à 2/3, quotité disponible égale à 1/3.
  • Avec trois enfants ou plus : réserve égale à 3/4, quotité disponible égale à 1/4.

En l'absence de descendants, c'est le conjoint survivant qui devient héritier réservataire, à hauteur du quart de la succession. Sans enfant ni conjoint, aucune réserve ne s'applique et la totalité du patrimoine peut être transmise par testament.

Bon à savoir

Un testament qui dépasse la quotité disponible n'est pas nul pour autant. Les héritiers réservataires peuvent en demander la réduction au moment de la succession, et les legs excédentaires sont ramenés à la limite autorisée. C'est ce qui arrive au légataire universel, cette personne que le testament désigne pour recueillir l'ensemble de la succession : en présence d'enfants, il ne reçoit en réalité que la quotité disponible.

2

Les volontés funéraires

Ce que la loi permet de décider

Le testament peut contenir vos volontés funéraires : type d'obsèques (religieuses ou civiles), inhumation ou crémation, lieu de sépulture, organisation de la cérémonie, ou encore don de corps à la science.

Ces volontés ne sont pas de simples souhaits. L'article 3 de la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles leur donne la même force qu'une disposition testamentaire portant sur les biens, et l'article 433-21-1 du Code pénal punit de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende celui qui organise des funérailles contraires à la volonté du défunt dont il avait connaissance.

Deux limites existent toutefois. Ces volontés ne peuvent contrevenir à l'ordre public ni aux contraintes de santé publique : en France, seules l'inhumation et la crémation sont autorisées. Et seul un majeur, ou un mineur émancipé en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles.

Pourquoi formaliser les volontés funéraires à l'avance

Au moment d'un décès, les familles doivent prendre des décisions en quelques heures, sous le choc. Formaliser en amont ses volontés funéraires, c'est leur épargner une charge supplémentaire et s'assurer que vos souhaits seront respectés. Clésame permet d'exprimer ces volontés dans un espace dédié, accessible à votre notaire et à vos proches désignés dès le moment du décès.

3

Désigner une personne de confiance

Le rôle de la personne de confiance

La personne de confiance est une notion médicale, distincte du tuteur ou de l'exécuteur testamentaire. C'est la personne que vous désignez pour vous accompagner dans vos démarches de santé, être informée de votre état et exprimer votre volonté à votre place si vous n'êtes plus en état de le faire. En cas d'hospitalisation, l'avis de la personne de confiance prévaut sur celui de la famille. Elle ne prend pas de décisions à votre place mais témoigne de vos souhaits.

Comment la désigner

La personne de confiance se désigne par écrit, daté et signé par les deux parties. Elle est révocable à tout moment. Elle est différente du mandataire désigné dans le cadre d'un mandat de protection future, qui lui intervient sur les actes patrimoniaux et personnels en cas d'incapacité juridique. Il est conseillé de conserver ces deux désignations dans votre coffre Clésame, accessibles immédiatement en cas d'urgence.

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Les volontés numériques

Vos comptes en ligne, vos photos stockées dans le cloud, vos messageries et vos abonnements survivent à votre décès. Depuis la loi pour une République numérique de 2016, chacun peut définir des directives sur le sort de ses données personnelles après sa mort, soit auprès de chaque plateforme, soit sous la forme de directives générales déposées auprès d'un tiers de confiance. Ces volontés relèvent des mêmes situations particulières que les successions internationales ou les familles recomposées, et elles se préparent de la même façon : en les écrivant, et en veillant à ce qu'elles soient retrouvées.

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Rédiger ces documents ne suffit pas. Encore faut-il que le notaire retrouve le testament, que l'équipe médicale ait accès aux directives anticipées, et que vos proches sachent qui vous aviez désigné comme personne de confiance.

Clésame centralise tous ces documents en un seul espace sécurisé : testament, directives anticipées, volontés funéraires, et désignation de personne de confiance. Ils sont chiffrés, hébergés en France, et transmis directement à votre notaire au moment du décès, et accessibles à vos proches selon les règles que vous aurez vous-même définies.

Conservez vos volontés en sécurité et rendez-les accessibles au bon moment.

Questions fréquentes

Oui. Le testament est révocable à tout moment, par un nouvel acte testamentaire ou par un acte notarié de révocation. Un nouveau testament annule automatiquement les dispositions contraires du précédent. C'est l'un des avantages du testament sur la donation, qui elle est irrévocable.

Un codicille est un acte complémentaire qui modifie ou complète un testament existant sans le remplacer entièrement. Il doit répondre aux mêmes conditions de forme que le testament initial.

Un testament peut être annulé si les conditions de fond ou de forme n'ont pas été respectées, si le testateur était en état d'insanité d'esprit au moment de la rédaction, ou s'il était victime de manœuvres frauduleuses ou de pression morale. L'action en nullité se prescrit par cinq ans, à compter du décès ou du jour où l'héritier a eu connaissance du testament. Passé ce délai, il n'est plus possible d'attaquer le testament, mais un héritier peut encore invoquer sa nullité pour s'opposer aux prétentions de cohéritiers qui l'invoquent à leur profit.

Pas obligatoirement, mais c'est fortement conseillé. Un testament introuvable après le décès ne sera pas appliqué. Le dépôt chez un notaire ou l'enregistrement au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés garantit qu'il sera retrouvé.

Non. Clésame est un outil complémentaire qui permet de centraliser et de transmettre ses documents, dont le testament, mais ne se substitue pas à l'acte juridique lui-même.

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